Les rappels de cours de cette partie sont issus des résumés de cours du S1 MIAS rédigés par Myriam Déchamps
On dira (on verra dans la suite une définition plus précise) que
u,
où
est un nombre réel ou complexe, sont aussi solutions du
problème. En mathématiques, l'axiomatisation des problèmes linéaires se fait par la définition de la structure d'espace vectoriel et notre premier souci sera de distinguer, parmi les ensembles qui nous sont familiers, ceux qui peuvent être munis de cette structure.
et ces opérations géométriques sur les
vecteurs se traduisent par des opérations algébriques sur leurs
coodonnées par rapport au repère fixé :
| Vecteurs |
| |||
| Coordonnées | (a,b,c) | (a',b',c') | (a+a',b+b',c+c') |
Si nous ne retenons que l'aspect algébrique, il est alors possible de considérer des "vecteurs'' avec n coordonnées et de définir leur somme et le produit d'un vecteur par un nombre réel, de façon analogue.
.
par le vecteur
u
est le vecteur
Cette définition va nous permettre de définir deux opérations dans .

On s'aperçoit que des nombreux calculs ou preuves faits dans n'utilisent pas le fait que l'on travaille avec des coordonnées et sont valables lorsqu'on travaille dans les espaces de fonctions ou polynômes ci-dessus. Ces règles de calcul vont alors constituer la base de l'algèbre linéaire abstraite. La démarche d'axiomatisation consiste à "oublier" la nature des éléments des ensembles E que l'on étudie pour ne retenir que le fait suivant : ils sont munis de deux opérations et ces opérations ont un certain nombre de propriétés. On s'intéressera ensuite à établir les résultats qui découlent de cette structure algébrique et qui seront valables indépendamment de la nature des éléments de E. Ces éléments seront toujours appelés vecteurs, par commodité et pour favoriser l'intuition géométrique ; mais ce langage peut être déroutant : en tant qu'élément d'un espace vectoriel, une fonction est un vecteur !
et
dans
K :
Un K-espace vectoriel E, muni de son addition, est un groupe commutatif, grâce aux propriétés 1. à 4. Nous notons provisoirement les opérations d'un K-espace vectoriel par les symboles et , pour les différencier des opérations du corps des scalaires K et mieux comprendre les premiers exemples d'espaces vectoriels. Ensuite nous utiliserons les notations usuelles + pour l'addition et ou rien de tout pour la multiplication par un scalaire (ne pas oublier que l'on ne multiplie pas de vecteurs entre eux !).
-espace vectoriel. Plus généralement, tout
-espace vectoriel est un
-espace vectoriel.
,
ou
.
et
dans
K. On a :
et
dans
K. On a :
Nous utiliserons dorénavant les notations usuelles pour les opérations.
et
deux paramètres réels,
u1=(1,2,-3),
u2=(2,3,-4),
et
quatre
vecteurs de
. Le vecteur
b est-il combinaison linéaire des
vecteurs
u1,u2 et
u3 ?
Cette question revient à savoir s'il existe tel que
En résolvant ce système par la méthode du pivot de Gauss, on obtient :
On peut retenir de cet exemple, que si on se donne trois vecteurs de et un vecteur b, il n'est pas toujours possible d'écrire b comme combinaison linéaire de ces trois vecteurs et que lorsque c'est possible, l'écriture n'est pas toujours unique.
L'écriture peut être unique ou non. Cette propriété depend du rang du système . Elle décrit une propriété de l'ensemble des vecteurs u1,u2,...,un que nous verrons plus tard.
Remarquons aussi que chaque équation du système définit un sous-espace vectoriel ; notons le sous-espace vectoriel (c'est un hyperplan vectoriel) de défini par la i-ième équation :
On a vu que l'ensemble des solutions d'un système linéaire homogène dépendait de n-r paramètres. Nous pouvons dire maintenant qu'il est engendré par n-r solutions particulières.
L'ensemble des solutions d'un système linéaire qui se présente comme la somme d'une solution particulière et du sous-espace vectoriel , ensemble des solutions d'un système linéaire homogène associé est appelé sous-espace affine.
L'idée d'utiliser des couples ou de triplets de nombres pour localiser des points dans le plan ou dans l'espace a été clairement explicitée au milieu du 17e siècle. A la fin du 19e siècle, mathématiciens et physiciens ont réalisé qu'il n'était pas nécessaire de se limiter à des triplets : des quadruplets (a,b,c,d) de nombres réels pouvaient être "vus" comme points dans un espace de "dimension 4" (ou des n-uplets de coordonnées comme des points en "dimension n"). Dès lors, le champ d'investigation de la géométrie s'élargit à la dimension n et on utilise davantage les outils algébriques en géométrie. Inversement, l'algèbre à n dimensions devient l'objet d'interprétations géométriques. Mais notre visualisation géométrique ne s'étend pas au delà de l'espace l'usuel, et même des "experts" raisonnent sur des "objets en dimension n" par analogie avec des objets du plan ou de l'espace.
Une équation linéaire à
n inconnues
et à
coefficients
dans
est une équation de la
forme
(lorsque
n=3 et
a1, a2
et
a3 ne sont pas tous nuls, cette équation est l'équation
cartésienne d'un plan de l'espace usuel). Il a existé des techniques
de résolution de systèmes d'équations linéaires dès l'antiquité, mais
ce n'est qu'à partir du milieu du 19e siècle que les systèmes
linéaires deviennent un objet d'étude et permettent de dégager les
premiers concepts théoriques liés à la linéarité : vecteur,
dépendance et indépendance linéaire (dans un texte de G. F. Frobenius
(1849-1917)).
Les premières approches axiomatiques en algèbre linéaire datent de
la fin des années 1880.
Dans la période de 1890 à 1930 se développe l'étude des corps et
des anneaux et
l'ensemble de l'algèbre est reconstruit à partir d'une approche
axiomatique des structures.
Ce changement est enteriné par la publication par Van der Waerden en
1930-31
des deux tomes de son Moderne Algebra, qui est une compilation
et
une mise en forme des fondements de l'algèbre moderne ayant émergé
les deux décennies précédentes.
Ce livre devient un livre de référence pour plusieurs générations de
mathématiciens.
Dans la même période, la description des problèmes linéaires en
termes de coordonnées,
acquise à la fin du 19e siècle, évolue vers l'approche
axiomatique actuelle.
Cette approche axiomatique apparaît comme une volonté de donner de
meilleurs fondements à
l'ensemble des résultats sur l'algèbre linéaire et de permettre la
modélisation de nouveaux problèmes.
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